Je ne suis pas né écrivain, ni “coach” pour arrêter de fumer. À l’école, on disait de moi que j’écrivais propre, clair, logique… mais sans “style”. Les mots servaient à expliquer des choses, pas à raconter des histoires. Rien ne laissait imaginer qu’un jour je signerais une méthode pour aider à arrêter de fumer.
Mes études ont suivi cette même ligne droite : mesures physiques, rigueur scientifique, chiffres, preuves. Puis j’ai travaillé dans la qualité et les achats internationaux. Analyser, vérifier, structurer. Tout cela façonnait un esprit rationnel, mais ne laissait presque aucune place à l’écriture créative.
Écrire a toujours représenté, pour moi, le sommet de l’intelligence humaine. J’ai toujours regardé avec admiration ceux qui savent manier les mots, ceux qui sculptent une phrase comme on sculpte un morceau de vérité. J’ai longtemps pensé que cette maîtrise était hors de portée : une forme d’élégance réservée aux autres, à ceux qui possèdent naturellement la grâce de la prose.
La vérité, c’est que j’ai toujours envié cette capacité. Pour moi, une belle phrase, une idée bien formulée, une page qui touche juste… c’était la forme la plus pure de la classe. Le genre de talent que l’on respecte instinctivement. Peut-être parce que l’écriture dit tout de nous : notre lucidité, notre sensibilité, notre façon de comprendre le monde.
Aujourd’hui encore, je vois l’écriture comme un territoire noble — pas parce qu’elle est difficile, mais parce qu’elle révèle qui nous sommes.
Longtemps, j’ai cru que l’écriture était réservée aux autres : ceux qui auraient “le talent”, “la plume”, “le don”. Je mettais moi-même cette barrière dans ma tête. Puis le numérique a bousculé ce décor.
Avec WordPress, le SEO et la création de contenu, j’ai commencé à bâtir des projets visibles, utiles, concrets. Des sites qui aident vraiment des gens. Sans que je m’en rende compte, l’écriture a pris plus de place. D’abord pour expliquer, puis peu à peu pour transmettre, simplifier, accompagner.
Et puis il y a eu la cigarette. Mon propre combat. Un sevrage lent, compliqué, avec des rechutes et beaucoup de questions. Quand j’ai enfin réussi à arrêter de fumer, j’ai ressenti le besoin de poser cette expérience par écrit. Pas pour donner des leçons, mais pour raconter ce qui s’était réellement passé dans ma tête.
C’est de là qu’est née l’idée de StopoClop : une méthode mentale simple, centrée sur les mécanismes du cerveau, les biais cognitifs et l’illusion du “plaisir” de fumer. En écrivant, j’ai découvert quelque chose d’inattendu : mettre des mots sur tout cela me libérait presque autant que le fait de ne plus fumer.
On répète souvent que nos plus grandes limites sont celles que l’on se pose soi-même. Je l’ai vécu de plein fouet. Je m’interdisais d’écrire, comme je m’étais longtemps interdit d’envisager une vie sans tabac. L’intelligence artificielle m’a servi de tremplin : un outil pour apprendre plus vite, tester des idées, affiner mes textes, structurer une méthode.
L’IA n’a pas remplacé ma créativité, elle l’a réveillée. Elle m’a permis de transformer une expérience personnelle – l’arrêt du tabac – en quelque chose de structuré, partageable, amélioré. Aujourd’hui, je n’ai plus l’excuse du “je ne sais pas écrire” pour ne pas créer.
Et depuis que j’ai mis un pied dans l’écriture, d’autres envies sont apparues. J’ai toujours été attiré par les romans d’anticipation et les dystopies : des univers qui interrogent la société, la liberté, la manipulation, l’illusion de choix. Un jour, j’aimerais écrire ce type d’histoires, peut-être même des récits qu’on pourrait adapter à l’écran. Mais il faut bien commencer quelque part.
Pour moi, ce “quelque part”, c’est StopoClop : un premier livre, une méthode, un site. Un terrain d’expérimentation où se croisent psychologie, biais cognitifs, sevrage tabagique et désir de rendre les choses simples pour ceux qui veulent se libérer de la cigarette.
StopoClop n’est donc pas seulement une méthode pour arrêter de fumer. C’est aussi mon laboratoire d’écriture, mon espace pour tester, affiner, transmettre. Je ne me présente pas comme un écrivain accompli, mais comme quelqu’un qui apprend à le devenir, mot après mot, lecteur après lecteur.
Si un jour mes futurs livres – essais, méthodes, romans – vont plus loin, je saurai que tout a commencé ici : avec un clavier, une décision d’en finir avec la cigarette, et l’envie de ne plus laisser mes propres limites écrire l’histoire à ma place.